Lancement de l’observatoire tunisien de l’eau : alertez sur les coupures d’eau !

Par Henda Chennaoui
Lors d’une conférence de presse, tenue au siège du Forum tunisien des droits économiques et sociaux, Nomad08 Redeyef, a procédé à la démonstration de sa nouvelle plate-forme watchwater.tn. La base de données du site sera alimentée, principalement par les citoyens mais aussi par des alerteurs formés par Nomaad08 Redeyef et par des administrateurs membres de l’observatoire.

À l’occasion de la journée mondiale de l’eau, l’association Nomad08 Redeyef a donné le coup d’envoi, aujourd’hui mardi 22 mars, à l’Observatoire tunisien de l’eau. Il s’agit d’une plate-forme de signalement des coupures, des mauvaises alimentations et des mouvements sociaux liés à l’eau. Le premier objectif de cet observatoire est d’avoir, pour la première fois en Tunisie, une cartographie participative des coupures de l’eau potable. Lors d’une conférence de presse, tenue au siège du Forum tunisien des droits économiques et sociaux, Nomad08 Redeyef, a procédé à la démonstration de sa nouvelle plate-forme watchwater.tn.

"Les coupures d’eau sont de plus en plus fréquentes. Durant les cinq dernières années, toutes les régions ont été touchées pendant des périodes plus ou moins longues ou régulières."

L’Observatoire tunisien de l’eau se focalisera, dans une première étape, sur la collecte des informations qui concernent les coupures d’eau, leurs causes, leurs durées et leurs localisations. La base de données du site sera alimentée, principalement par les citoyens mais aussi par des alerteurs formés par Nomaad08 Redeyef et par des administrateurs membres de l’observatoire qui vérifieront chaque alerte et s’assureront que l’information soit parvenue à la SONEDE et aux municipalités. « Les coupures d’eau sont de plus en plus fréquentes. Durant les cinq dernières années, toutes les régions ont été touchées pendant des périodes plus ou moins longues ou régulières. Plusieurs fois, La SONEDE affirme qu’elle n’est pas au courant. Avec cette plate-forme, nous allons aider le citoyen à informer la SONEDE plus rapidement des coupures d’eau dans son quartier ou sa région » explique Alaa Marzougui, coordinateur du projet.
Sur le site de l’Observatoire tunisien de l’eau, le tableau des alertes affiche 32 alertes de coupures d’eau enregistrées entre le 1er janvier et le 22 mars 2016. « Ce sont seulement nos collaborateurs régionaux qui ont signalé ces 32 coupures. Avec le lancement officiel, le nombre des alertes va augmenter considérablement » espère Zouhair Ben Abdallah, président de L’association Nomad08 Redeyef. Début avril, une caravane voyagera dans les différentes régions afin de former des alerteurs de la société civile sur l’utilisation de la plate-forme. « Notre but est aussi de sensibiliser les citoyens sur leur rôle dans la préservation de l’eau et la lutte contre la pénurie. Chacun de nous est responsable quand il s’agit d’une fuite, d’un gaspillage ou d’une coupure d’eau » affirme Alaa Marzougui.
« Mis à part les coupures d’eau et les problèmes avec la SONEDE, nous devons parler et s’opposer à l’anarchie totale qui marque la gestion de l’eau depuis des années. L’absence de l’État a ouvert les portes aux abus des citoyens qui usent des sondages d’eau. À kairouan, par exemple, de 700 puits en 2010 on est passé à 3000 puits en 2015. Une surexploitation qui a épuisé très rapidement les ressources de la région » regrette Radhouen Fatnassi, membre de la section de Kairouan du FTDES avant d’ajouter qu’il faut absolument « préparer et en urgence à un forum national de l’eau qui discutera de tous les aspects du problème ».
Alors que l’État mise sur l’adoption sans discussion du nouveau code des eaux, la société civile tire la sonnette d’alarme. « La prochaine guerre sera celle de l’eau » affirme les spécialistes. Entre temps, Mohamed Dahech, PDG de la SONEDE annonce qu’une hausse des prix de l’eau de 8 à 15% sera prochainement mise en place.

Source : http://nawaat.org/portail/2016/03/22/lancement-de-lobservatoire-tunisien...